Actus People • mercredi 13 mai 2026 • Par François F.

Golshifteh Farahani : qui est l'actrice iranienne citée dans les tensions entre Emmanuel et Brigitte Macron ?

Golshifteh Farahani : qui est l'actrice iranienne citée dans les tensions entre Emmanuel et Brigitte Macron ?

Depuis les déclarations du journaliste Florian Tardif autour d’un épisode de tension entre Emmanuel Macron et Brigitte Macron, un nom s’est retrouvé au cœur de toutes les curiosités : Golshifteh Farahani. Actrice et musicienne franco-iranienne, exilée en France après avoir défié les codes du régime iranien, elle possède pourtant un parcours artistique bien plus vaste que cette séquence médiatique. De Téhéran à Hollywood, en passant par Paris, retour sur le destin d’une artiste engagée, libre et discrète.

Son nom était jusqu’ici surtout associé au cinéma d’auteur, à Hollywood, aux combats des femmes iraniennes et à une trajectoire d’artiste en exil. Depuis les révélations relayées autour d’un livre consacré au couple présidentiel, Golshifteh Farahani se retrouve pourtant propulsée dans une toute autre actualité : celle des tensions supposées entre Emmanuel Macron et Brigitte Macron. Une exposition médiatique soudaine, liée à une séquence très commentée, mais qui ne doit pas faire oublier le parcours singulier de cette comédienne et musicienne franco-iranienne.

Selon le journaliste Florian Tardif, invité à s’exprimer sur RTL, un message de l’actrice aurait été découvert par Brigitte Macron, déclenchant une dispute au sein du couple présidentiel. Le journaliste évoque une relation qu’il présente comme platonique, entretenue par messages pendant plusieurs mois. Des propos à manier avec prudence, tant ils relèvent d’un récit rapporté et sensible. Mais une chose est certaine : le nom de Golshifteh Farahani s’est imposé dans l’espace médiatique, suscitant une question simple chez de nombreux téléspectateurs et internautes : qui est-elle vraiment ?

Golshifteh Farahani, le nom qui surgit dans le feuilleton Macron

L’affaire prend racine dans le commentaire d’un épisode privé devenu public. Au cœur des discussions : une scène de tension entre Emmanuel Macron et Brigitte Macron, filmée à l’arrivée du couple présidentiel au Vietnam en mai 2025. Cette séquence, largement observée et analysée, a donné lieu à de nombreuses interprétations. Dans son récit, Florian Tardif affirme que l’origine de la dispute serait liée à un message adressé par Golshifteh Farahani au chef de l’État.

Sur RTL, le journaliste parle d’« une scène de couple » et indique que l’Élysée aurait pu, selon lui, y voir l’occasion de montrer une image moins lisse, plus humaine, du couple présidentiel. Il ajoute que la dispute, que certains pensaient terminée dans l’avion, ne l’était pas réellement. Là encore, ces éléments appartiennent à une version rapportée des faits et non à une prise de parole directe des principaux intéressés.

Dans ce récit, Golshifteh Farahani n’est pas décrite comme une protagoniste active d’une scène politique, mais comme le nom apparaissant à travers un message. Cette nuance est importante. Car réduire l’actrice à une rumeur serait passer à côté de l’essentiel : une carrière internationale dense, un parcours d’exil douloureux et une parole régulièrement associée à la liberté, à l’émancipation et au combat des femmes.

Une enfant de Téhéran plongée très tôt dans le monde artistique

Golshifteh Farahani, de son vrai prénom Rahavard, naît le 10 juillet 1983 à Téhéran. Elle grandit dans une famille entièrement tournée vers les arts. Son père, Behzad Farahani, est acteur et metteur en scène. Sa mère, Fahimeh Rahimnia, est comédienne. Dans ce foyer où la création occupe une place centrale, la jeune fille développe très tôt une sensibilité artistique multiple.

Avant le cinéma, il y a d’abord la musique. Enfant virtuose, elle commence le piano dès l’âge de 6 ans. À 12 ans, elle intègre l’école de musique de Téhéran, un cadre exigeant qui nourrit sa rigueur et son rapport au spectacle vivant. Puis vient le théâtre, autre terrain d’expression majeur. Cette formation précoce explique sans doute la force de sa présence à l’écran : un jeu à la fois intense, intérieur et instinctif, qui la distingue rapidement dans le paysage iranien.

Sa carrière débute à l’adolescence. À 14 ans, elle tourne dans Le Poirier de Dariush Mehrjui. Ce premier rôle lui vaut le prix de la meilleure actrice au Festival du film de Fajr. La récompense lance une trajectoire fulgurante : en une décennie, elle enchaîne les tournages et s’impose comme l’un des visages majeurs du cinéma iranien. Dix-neuf films en dix ans : le chiffre donne la mesure de son ascension.

Une trajectoire marquée par la censure et la violence du régime

Le parcours de Golshifteh Farahani ne peut être raconté sans évoquer le contexte politique et social iranien. Son adolescence est marquée par la pression exercée sur les femmes, les artistes et les corps. Le contenu source rappelle un épisode particulièrement violent : l’actrice aurait été attaquée à l’acide dans la rue par un homme qui la jugeait insuffisamment couverte. Protégée par son sac à dos et son manteau, elle n’aurait été blessée qu’à la main.

Pour continuer à circuler plus librement dans Téhéran, elle aurait alors choisi de se raser la tête et de s’habiller comme un garçon. Ce geste, à la fois pratique et symbolique, dit beaucoup de la contrainte subie et de la manière dont l’actrice a construit sa liberté dans un environnement hostile. Bien avant de devenir une figure internationale, Golshifteh Farahani a donc dû composer avec les limites imposées aux femmes et aux artistes dans son pays natal.

Trilingue, elle attire progressivement l’attention au-delà des frontières iraniennes. Sa carrière bascule en 2008 avec Mensonges d’État, thriller de Ridley Scott dans lequel elle donne la réplique à Leonardo DiCaprio. Ce rôle a une portée symbolique considérable : elle devient la première actrice iranienne à intégrer une grosse production hollywoodienne depuis la révolution de 1979. Mais ce tournant professionnel aura aussi des conséquences personnelles lourdes.

De Ridley Scott à l’exil : le prix d’une carrière internationale

Après Mensonges d’État, la visibilité internationale de Golshifteh Farahani irrite le pouvoir iranien. Sa présence sans voile lors de la promotion du film est pointée du doigt. Son passeport est confisqué, une interdiction de sortie du territoire est prononcée, et l’actrice choisit finalement l’exil. Ce départ contraint devient l’un des grands tournants de sa vie.

Dans un entretien accordé en 2024 à Madame Figaro, elle revient sur cet épisode en élargissant l’explication. Selon elle, l’affaire du voile ne résume pas tout. Elle explique que le gouvernement iranien aurait surtout considéré sa collaboration avec des Américains comme suspecte. « La vérité est ailleurs : comme je travaillais avec des Américains, le gouvernement iranien a pensé que j’étais une espionne. Mon sort était scellé et je ne pouvais plus rentrer. Retirer mon voile ou poser nue ont juste aggravé mon cas », déclare-t-elle alors.

Installée en France, Golshifteh Farahani reconstruit sa carrière depuis Paris. Elle y trouve aussi un espace de respiration. Dans les propos rapportés par le contenu source, elle affirme que « Paris est le seul endroit de la planète où les femmes ne sont pas coupables. En Orient, tu l’es tout le temps ». Une phrase forte, qui résume le contraste entre son pays d’origine, marqué par le contrôle, et son pays d’accueil, associé à une forme de liberté personnelle et artistique.

Une actrice entre cinéma d’auteur, blockbusters et séries internationales

Loin de disparaître après son exil, Golshifteh Farahani s’impose au contraire comme une actrice internationale. Elle navigue entre des registres très différents, du cinéma d’auteur aux productions grand public. On la retrouve notamment dans Syngué sabour, adaptation du roman d’Atiq Rahimi, un rôle intense qui confirme sa capacité à incarner des personnages profonds, traversés par l’histoire et l’intime.

Elle apparaît également dans Paterson, film de Jim Jarmusch, où son jeu plus doux et contemplatif révèle une autre facette de son talent. À l’opposé du cinéma indépendant, elle rejoint aussi l’univers spectaculaire de Pirates des Caraïbes : La Vengeance de Salazar, blockbuster porté par une franchise mondialement connue. Ce grand écart illustre sa polyvalence : Golshifteh Farahani n’est pas cantonnée à une image unique.

Le contenu source mentionne également sa présence dans des séries internationales et plusieurs productions Netflix. Une évolution logique pour une actrice cosmopolite, capable de passer d’un univers à l’autre, d’une langue à l’autre, d’un public à l’autre. À l’heure où les plateformes mondialisent les carrières, son profil correspond parfaitement à cette nouvelle génération d’artistes transfrontaliers.

Une artiste engagée, bien au-delà de la rumeur

Si le grand public la redécouvre aujourd’hui à travers une séquence people et politique, Golshifteh Farahani porte depuis longtemps une image d’artiste libre et engagée. Son parcours est intimement lié aux questions de liberté d’expression, de droit des femmes et d’émancipation. Son exil, ses prises de parole et ses choix artistiques participent de cette construction publique.

Actrice, chanteuse, musicienne, elle cultive aussi une forme de discrétion sur sa vie privée. C’est précisément ce contraste qui rend l’épisode actuel si frappant : une personnalité habituellement associée à l’indépendance artistique se retrouve soudain citée dans un récit autour du couple présidentiel français. L’emballement médiatique dit autant de l’intérêt du public pour Emmanuel Macron et Brigitte Macron que de la fascination exercée par le nom de l’actrice.

Pour autant, le dossier mérite d’être abordé avec prudence. Les éléments connus reposent sur des déclarations rapportées, dans un contexte sensible, et ne doivent pas effacer la complexité d’une trajectoire. Golshifteh Farahani n’est pas seulement « l’actrice citée dans une rumeur Macron ». Elle est une artiste née à Téhéran, révélée très jeune, passée par Hollywood, installée à Paris, et devenue l’un des visages les plus singuliers du cinéma franco-iranien contemporain.

Pourquoi son nom fascine aujourd’hui le public français

Le surgissement de Golshifteh Farahani dans l’actualité people-politique répond à une mécanique bien connue : quand l’intime supposé rencontre le pouvoir, l’attention médiatique s’intensifie. Le couple Macron a toujours suscité un intérêt particulier, en raison de son histoire, de son exposition permanente et de sa place à l’Élysée. L’idée d’une tension conjugale, même présentée comme une simple scène de couple, devient aussitôt un objet de commentaires.

Mais dans ce cas précis, la curiosité se déplace aussi vers celle dont le nom est cité. Qui est cette actrice iranienne ? Pourquoi intéresse-t-elle autant ? Quelle est son histoire ? À ces questions, la réponse ne se limite pas à une anecdote. Golshifteh Farahani incarne un parcours romanesque, fait de talent précoce, de rupture politique, d’exil, de reconnaissance internationale et de combats personnels.

C’est sans doute cette densité qui explique l’écho de son nom. Dans l’univers people comme à la télévision, certaines personnalités attirent l’attention parce qu’elles sont liées à un scandale. D’autres parce qu’elles portent une histoire. Golshifteh Farahani appartient à cette seconde catégorie. Et si l’actualité l’a momentanément placée dans l’ombre d’un feuilleton présidentiel, son parcours rappelle qu’elle occupe depuis longtemps une place à part dans le paysage culturel international.