Actus People • mercredi 13 mai 2026 • Par François F.

La Vénus électrique : Pio Marmaï, Anaïs Demoustier et Gilles Lellouche électrisent l'ouverture de Cannes 2026

La Vénus électrique : Pio Marmaï, Anaïs Demoustier et Gilles Lellouche électrisent l'ouverture de Cannes 2026

La Vénus électrique, nouveau film de Pierre Salvadori, a ouvert le Festival de Cannes 2026 hors compétition avec un trio très attendu : Pio Marmaï, Anaïs Demoustier et Gilles Lellouche. Entre comédie romantique, faux drame sentimental et récit teinté d’occultisme, le long-métrage installe sur la Croisette une atmosphère de douceur avant le coup d’envoi de la compétition officielle. Sorti en salles le même jour que sa présentation cannoise, le film plonge dans le Paris de l’entre-deux-guerres et mise sur des dialogues ciselés, un casting impeccable et une intrigue plus surprenante qu’elle n’en a l’air.

Le Festival de Cannes 2026 a choisi d’ouvrir sa 79e édition avec une proposition française à la fois élégante, accessible et délicieusement romanesque. Présenté hors compétition, La Vénus électrique, nouveau film de Pierre Salvadori, a lancé les festivités sur une note de charme, loin des coups d’éclat tapageurs et des grandes démonstrations. Avec Pio Marmaï, Anaïs Demoustier et Gilles Lellouche en tête d’affiche, le long-métrage assume une ambition simple mais précieuse : faire respirer le public avant l’entrée dans le vif de la compétition officielle.

Ce choix d’ouverture s’inscrit dans une tradition récente de la Croisette : confier le premier grand rendez-vous du festival à un film français, capable de donner le ton sans nécessairement chercher le choc. Ici, l’effet recherché semble davantage relever de la douceur, de la fantaisie et d’un plaisir de cinéma très identifié. La Vénus électrique n’a pas été présenté comme une révolution esthétique, mais comme un moment de grâce, porté par des acteurs familiers du public et un cinéaste réputé pour son sens du rythme, des situations et des dialogues.

Une ouverture cannoise sous le signe de la douceur

Avant que les films en compétition ne viennent imposer leurs enjeux, leurs débats et leurs possibles polémiques, La Vénus électrique a offert à Cannes une parenthèse lumineuse. Le film, également sorti en salles le mardi 12 mai, a donc bénéficié d’une double exposition : celle de la Croisette, avec son tapis rouge et son écho médiatique, et celle du public, immédiatement invité à découvrir cette histoire en salles.

Le film de Pierre Salvadori plonge le spectateur dans le Paris de l’entre-deux-guerres, décor propice aux illusions, aux rencontres troubles et aux mélancolies élégantes. Ce cadre historique n’est pas seulement un habillage : il nourrit une atmosphère où les faux-semblants, les spectacles itinérants et les croyances occultes composent un terrain idéal pour une comédie sentimentale en clair-obscur.

Au centre du récit, on trouve Antoine, peintre talentueux interprété par Pio Marmaï. Depuis la mort de son épouse, il a perdu l’inspiration, comme si le deuil avait éteint en lui toute possibilité de création. Pour tenter de renouer un lien avec la disparue, il sollicite une prétendue voyante, Suzanne, jouée par Anaïs Demoustier. Sans argent, cette dernière accepte d’entrer dans le jeu, aidée par Armand, marchand d’art et meilleur ami d’Antoine, incarné par Gilles Lellouche.

Pio Marmaï, Anaïs Demoustier et Gilles Lellouche : un trio au cœur du dispositif

La grande force de La Vénus électrique repose d’abord sur son trio d’acteurs. Pio Marmaï, habitué de l’univers de Pierre Salvadori, retrouve ici le cinéaste pour une nouvelle collaboration. Leur entente n’est plus à démontrer : ils avaient déjà travaillé ensemble sur La Petite Bande, Dans la cour et En Liberté !, film qui avait valu à l’acteur une nomination au César du meilleur acteur en 2019.

Dans le rôle d’Antoine, Pio Marmaï compose un veuf à la fois bouleversant et vulnérable, un homme suffisamment brisé pour croire à l’impossible, mais encore assez vivant pour se laisser réenchanter. Le film joue précisément sur cette ligne fragile : Antoine se fait manipuler, mais cette manipulation lui redonne aussi goût à l’existence. Le malheur devient paradoxalement le point de départ d’une comédie où l’imposture produit des effets inattendus.

Face à lui, Anaïs Demoustier apporte au personnage de Suzanne une fragilité qui empêche le film de basculer dans la pure mécanique de l’arnaque. Suzanne n’est pas seulement une fausse médium opportuniste : elle est une femme en difficulté, sans ressources, qui cherche à survivre et à s’extraire d’un quotidien contraint. Elle se produit notamment dans un cirque itinérant sous l’identité de Venus Electrificata, une attraction censée envoûter les hommes grâce à des trucages électriques orchestrés par Titus, personnage joué par Gustave Kervern.

Gilles Lellouche, lui, trouve dans le rôle d’Armand une position idéale : celle d’un ami ambigu, en apparence intéressé, mais indispensable à l’équilibre du récit. Marchand d’art, complice de l’entourloupe, il semble avoir tout à gagner dans cette mise en scène. Pourtant, le film laisse transparaître une humanité plus tendre derrière les calculs et les arrangements. C’est aussi là que se reconnaît la patte de Pierre Salvadori : les personnages peuvent mentir, tricher ou se tromper, mais ils restent rarement cyniques jusqu’au bout.

Une comédie romantique teintée d’occultisme et de mélancolie

Présenté comme un faux drame sentimental traversé par l’occultisme, La Vénus électrique joue avec plusieurs registres. Il y a d’abord la comédie, nourrie par les séances de spiritisme et les situations où Antoine, persuadé de communiquer avec sa femme défunte, se laisse convaincre par des détails que Suzanne parvient à lui livrer. Il y a aussi la romance, même si le film semble s’amuser à déjouer les attentes du genre. Et puis il y a le deuil, moteur intime du récit, qui donne au film sa profondeur émotionnelle.

Le personnage d’Irène, l’épouse disparue d’Antoine, occupe une place particulière. Interprétée par Vimala Pons, elle traverse le film comme une présence fantomatique, une figure d’absence qui continue pourtant de structurer les désirs et les blocages du héros. Sa présence, même indirecte, permet au récit de dépasser le simple schéma de l’arnaque sentimentale.

Le film repose sur une situation de départ volontairement lisible : un homme endeuillé veut parler à sa femme morte, une femme sans argent prétend pouvoir l’aider, un ami tire les ficelles. Certaines mécaniques narratives apparaissent donc de manière assez évidente, notamment le mensonge initial appelé à revenir heurter ceux qui l’ont organisé. Mais selon les premiers retours, La Vénus électrique parvient à surprendre en intégrant un récit dans le récit, dont la révélation modifie progressivement la perception du spectateur.

Cette capacité à déplacer le regard est essentielle. Elle permet au long-métrage de ne pas rester prisonnier de son pitch, aussi séduisant soit-il. Au fil de l’intrigue, le film semble glisser vers un autre territoire, plus inattendu, où les sentiments, les souvenirs et les illusions se répondent. C’est dans cette évolution que se joue une grande partie de son charme.

Pierre Salvadori, l’art des dialogues et des personnages imparfaits

Le cinéma de Pierre Salvadori s’est souvent distingué par son goût des personnages bancals, des situations morales inconfortables et des dialogues qui claquent sans jamais écraser l’émotion. La Vénus électrique semble s’inscrire dans cette continuité. Le film mise sur des échanges vifs, notamment lors des séances de spiritisme, mais aussi sur des répliques plus discrètes, portées par les personnages secondaires.

Le vieux marchand d’art boiteux, décrit comme doté d’un cœur tendre, participe à cette tonalité particulière : derrière l’ironie ou les intérêts matériels, le film cherche la faille, la tendresse, la possibilité d’un attachement. Là encore, la comédie ne se construit pas contre les personnages, mais avec eux. Le rire naît moins de leur humiliation que de leurs contradictions.

Cette approche explique sans doute pourquoi La Vénus électrique a été perçu comme un film de fraîcheur. Dans un festival où la compétition officielle peut parfois aligner des œuvres plus sombres, plus radicales ou plus douloureuses, cette ouverture a fait figure de respiration. Cannes n’a pas seulement besoin de grands chocs artistiques : le festival sait aussi valoriser des films capables de rassembler, d’émouvoir et de divertir avec élégance.

Un lancement idéal pour la Croisette et une vitrine forte pour le cinéma français

Choisir La Vénus électrique pour ouvrir le Festival de Cannes 2026, c’était aussi mettre en avant un certain visage du cinéma français : populaire sans être formaté, romanesque sans être naïf, incarné par des acteurs très identifiés du public. Pio Marmaï, Anaïs Demoustier et Gilles Lellouche sont chacun associés à des registres variés, entre comédie, drame et cinéma d’auteur accessible. Leur réunion crée d’emblée un effet d’attente.

Pour le public amateur de cinéma comme pour les téléspectateurs qui suivent Cannes à distance, ce type de film d’ouverture a une fonction importante. Il donne un visage humain à l’événement, au-delà du protocole, des montées des marches et des annonces de sélection. Il permet de raconter des trajectoires d’acteurs, des retrouvailles artistiques, des promesses de salle. En cela, La Vénus électrique coche plusieurs cases : un cinéaste reconnu, un casting séduisant, une intrigue claire et une tonalité immédiatement identifiable.

Le film arrive aussi avec un atout précieux : il ne cherche pas à paraître plus imposant qu’il ne l’est. Son ambition semble ailleurs, dans la précision du jeu, le plaisir des dialogues et la manière de faire surgir l’émotion au cœur d’un dispositif de mensonge. Ce n’est pas un film qui revendique la rupture, mais un film qui assume le plaisir du récit, des acteurs et du romanesque.

Pourquoi La Vénus électrique intrigue déjà le public

Plusieurs éléments expliquent l’intérêt suscité par La Vénus électrique. D’abord, son casting. Ensuite, son décor, ce Paris de l’entre-deux-guerres où l’illusion, le spectacle et la croyance peuvent se mêler naturellement. Enfin, son mélange des genres, entre comédie sentimentale, évocation du deuil et atmosphère spirite.

  • Un trio d’acteurs très populaire : Pio Marmaï, Anaïs Demoustier et Gilles Lellouche portent le film avec des registres complémentaires.
  • Une intrigue accessible : une fausse médium, un peintre endeuillé, un marchand d’art complice, et un mensonge qui menace de tout faire basculer.
  • Une tonalité douce et élégante : le film privilégie la tendresse et le charme plutôt que la provocation.
  • Une signature de cinéaste : Pierre Salvadori retrouve son goût pour les personnages imparfaits et les situations à double fond.

Au fond, La Vénus électrique semble séduire parce qu’il ne réduit jamais ses personnages à leur fonction comique. Suzanne ment, mais elle n’est pas uniquement une manipulatrice. Antoine se laisse tromper, mais il n’est pas seulement naïf. Armand calcule, mais il n’est pas dénué de cœur. Cette nuance donne au film sa saveur et permet à la comédie de conserver une vraie délicatesse.

Sur la Croisette, où chaque film est immédiatement comparé, évalué, commenté, cette première proposition a donc trouvé sa place : celle d’un film d’ouverture chaleureux, capable de faire sourire sans renoncer à une part de mélancolie. La Vénus électrique n’a peut-être pas vocation à bouleverser les codes, mais il rappelle une évidence souvent précieuse : au cinéma, le charme, l’écriture et les acteurs peuvent encore produire une étincelle très efficace.