Ce dimanche 8 février, le Super Bowl, événement sportif emblématique des États-Unis, sera particulièrement scruté, bien au-delà du terrain de football. En effet, la programmation musicale de cette édition 2026 promet de transformer cette scène en véritable tribune politique. Bad Bunny, célèbre artiste de reggaeton, et le groupe punk rock Green Day, tous deux connus pour leurs positions anti-Trump, seront au cœur de cet événement.
Pour la première fois dans l'histoire du Super Bowl, un artiste latino, Bad Bunny, assurera seul le spectacle de la mi-temps, un choix symbolique face à l'Amérique divisée par les politiques migratoires de Donald Trump. Originaire de Porto Rico, Bad Bunny n'a jamais caché son opposition à ces politiques, notamment en ce qui concerne leur impact sur son île natale.
Sa présence à cet événement, bien qu'irritante pour le camp trumpiste, résonne comme un message fort de résistance, surtout après ses déclarations aux Grammy Awards où il a dénoncé les agissements de l'ICE. Bad Bunny a souligné son attachement à la communauté latino et a promis un show reflétant sa culture, tout en évitant de transformer sa performance en discours politique ouvert.
Green Day, qui ouvrira le Super Bowl, est un groupe bien connu pour ses prises de position politiques. Dès 2016, ils ont exprimé leur mécontentement à l'égard de Donald Trump à travers leurs chansons. Leurs performances, souvent ponctuées de slogans anti-Trump, démontrent leur engagement politique clair. Ce dimanche, ils seront accompagnés de Charlie Puth, Brandi Carlile et Coco Jones, ajoutant une dimension musicale diversifiée à cette cérémonie d'ouverture.
La décision de la NFL d'inviter Bad Bunny et Green Day s'inscrit également dans une stratégie commerciale. En partenariat avec Roc Nation de Jay-Z, la ligue s'efforce de s'adresser à la communauté latino-américaine, reconnue comme un secteur de croissance essentiel aux États-Unis. Marissa Solis, vice-présidente du marketing mondial de la NFL, a précisé que l'objectif était de rester pertinent auprès de cette communauté de plus de 70 millions de personnes.
Depuis l'accord avec Roc Nation, le Super Bowl est devenu une scène où les artistes peuvent promouvoir des initiatives culturelles et sociétales, à l'instar de Kendrick Lamar en 2025, ou Beyonce en 2016, en plein mouvement Black Lives Matter.
Face à cette programmation perçue comme politisée, le camp MAGA, soutenu par Donald Trump, prévoit une contre-programmation. Un concert "entièrement américain" est organisé par Turning Point USA avec des artistes comme Kid Rock, en opposition directe au message véhiculé par le Super Bowl.
La polémique autour de ce Super Bowl met en lumière la dichotomie de la société américaine actuelle, entre expressions culturelles et tensions politiques. Bad Bunny et Green Day, par leur présence, témoignent de l'influence croissante des voix dissidentes dans des événements habituellement apolitiques.
Dans ce contexte, le Super Bowl 2026 promet d'être plus qu'un simple événement sportif. C'est une illustration de la manière dont les plateformes les plus emblématiques peuvent être utilisées pour dénoncer et engager des discussions sur des questions sociales cruciales.