Actus People • mercredi 20 mai 2026 • Par François F.

The Mandalorian and Grogu : le nouveau film Star Wars avec Pedro Pascal tient-il vraiment ses promesses ?

The Mandalorian and Grogu : le nouveau film Star Wars avec Pedro Pascal tient-il vraiment ses promesses ?

The Mandalorian and Grogu marque le retour de Pedro Pascal et de l’adorable Baby Yoda dans l’univers Star Wars, cette fois sur grand écran. Fidèle à l’esprit de la série lancée sur Disney+, le film réalisé par Jon Favreau retrouve la dynamique père-fils, l’ambiance western galactique et les créatures qui ont fait le succès du show. Mais ce passage au cinéma laisse aussi une impression contrastée : sympathique, accessible, parfois touchant, le long-métrage peine toutefois à surprendre et à offrir l’ampleur attendue d’un vrai événement Star Wars.

Un retour très attendu pour The Mandalorian and Grogu, mais dans une étonnante discrétion

Il y a des sorties Star Wars qui ressemblent à des séismes culturels. Et puis il y a The Mandalorian and Grogu, arrivé en salles ce mercredi 20 mai dans une atmosphère beaucoup plus feutrée qu’on aurait pu l’imaginer pour une franchise de cette envergure. Le film, porté par Pedro Pascal et son inséparable compagnon vert, affectueusement surnommé Baby Yoda par les fans, débarque sur grand écran après trois saisons diffusées sur Disney+.

Sur le papier, l’événement avait pourtant tout pour exciter la galaxie médiatique. The Mandalorian a été l’un des premiers grands succès sériels de la plateforme de Disney, au point de replacer Star Wars dans un imaginaire plus intime, plus western, plus aventureux. Loin des grandes lignées Jedi, des dynasties Skywalker et des affrontements cosmiques à répétition, la série avait choisi une autre voie : celle d’un chasseur de primes solitaire, Din Djarin, accompagné malgré lui d’un enfant mystérieux doté d’un lien évident avec la Force.

Ce choix de départ avait été l’une des forces du programme. En renouant avec un esprit de série d’aventures, presque à l’ancienne, Jon Favreau avait su séduire un public large : les fans historiques de la saga, les amateurs de western spatial, mais aussi des spectateurs venus avant tout pour la relation attendrissante entre le Mandalorien et Grogu. Le film reprend aujourd’hui cette formule presque à l’identique. C’est rassurant, souvent plaisant, mais aussi révélateur de ses limites.

La recette Disney+ appliquée au cinéma, entre charme et impression de déjà-vu

Dans The Mandalorian and Grogu, le duo désormais au service de la Nouvelle République se voit confier une double mission. D’un côté, il s’agit de secourir Rotta, le fils de Jabba le Hutt, incarné par Jeremy Allen White. De l’autre, il faut traquer l’un des derniers seigneurs de guerre impériaux encore actifs après la chute de l’Empire. Autrement dit, une aventure parfaitement calibrée pour les amateurs de péripéties galactiques, d’embuscades, de poursuites et de confrontations avec le bestiaire si particulier de Star Wars.

Ce qui frappe d’emblée, c’est la volonté de Jon Favreau de ne pas dénaturer ce qui a fait le succès de la série. On retrouve l’ambiance bricolée, volontairement rugueuse, presque artisanale, qui donnait à The Mandalorian un cachet différent des grandes fresques cinématographiques de la saga. Les décors, les créatures et les effets pratiques conservent ce charme tangible, loin d’un univers entièrement lissé par le numérique.

La musique de Ludwig Göransson, oscarisé et déjà indissociable de l’identité sonore de la série, participe largement à ce retour en terrain connu. Son mélange de sonorités western, de nappes de science-fiction et de touches tribales accompagne le film comme une signature immédiatement reconnaissable. À chaque note, on retrouve cette sensation de chevauchée solitaire dans une galaxie immense, poussiéreuse et pleine de dangers.

Mais ce confort a aussi son revers. En voulant rester fidèle à la série, The Mandalorian and Grogu donne parfois le sentiment de prolonger un épisode déjà vu plutôt que d’ouvrir un nouveau chapitre de cinéma. Les courses-poursuites, les bagarres, les clins d’œil aux fans et les moments de tendresse avec Grogu sont bien là. Pourtant, la mécanique paraît tellement maîtrisée qu’elle en devient prévisible.

Pedro Pascal sous le casque : une présence forte, mais forcément limitée

Depuis le lancement de la série, Pedro Pascal occupe une place singulière dans le phénomène The Mandalorian. Son personnage est iconique, immédiatement reconnaissable, mais aussi paradoxalement contraint par son armure. Le casque de Din Djarin, élément central de son identité mandalorienne, impose une distance entre l’acteur et le spectateur. C’était déjà vrai sur petit écran ; cela se ressent encore davantage au cinéma.

Le comédien, devenu l’une des figures les plus populaires de la télévision internationale ces dernières années, ne peut pas déployer ici toute la palette expressive qu’on lui connaît. À l’exception d’une scène, son visage reste dissimulé par ce casque métallique devenu emblématique. Sa performance passe donc par la voix, les postures, le rythme des silences et la manière dont il interagit avec Grogu. C’est efficace, parfois touchant, mais cela limite naturellement l’impact dramatique du film.

La relation entre Din Djarin et Grogu demeure toutefois le cœur émotionnel du récit. Leur dynamique père-fils, bâtie patiemment au fil des saisons de Disney+, fonctionne toujours. Le Mandalorien protège, guide, s’inquiète ; Grogu observe, désobéit, amuse et surprend. Cette alchimie silencieuse, presque minimaliste, reste l’un des atouts les plus solides du long-métrage.

Du côté du casting, la présence de Sigourney Weaver attire naturellement l’attention. L’actrice, figure majeure de la science-fiction au cinéma, avait de quoi éveiller la curiosité des spectateurs. Mais son rôle reste visiblement limité. Elle apporte une présence appréciable, une autorité immédiate, mais le film ne semble pas lui offrir l’espace nécessaire pour marquer durablement l’aventure. Un choix frustrant, tant son arrivée dans l’univers Star Wars pouvait laisser espérer davantage.

Grogu, vraie star du film mais occasion manquée sur ses mystères

Si Pedro Pascal est la tête d’affiche humaine de The Mandalorian and Grogu, Grogu demeure incontestablement l’aimant affectif du projet. Depuis 2019, le personnage est devenu un phénomène mondial. Son apparence, ses gestes, ses maladresses et ses pouvoirs ont fait de lui l’un des visages les plus populaires de la nouvelle ère Star Wars.

Le film le sait parfaitement et s’appuie largement sur cette popularité. Les scènes de mignonnerie sont présentes, les petites bêtises aussi, tout comme les moments où Grogu révèle une forme de puissance inattendue. Une longue séquence lui permet même de devenir pleinement le centre de l’action, en changeant le point de vue de l’histoire pour le placer au premier plan. Ce passage, plus contemplatif, se distingue du reste du film et apporte un souffle différent.

C’est l’un des rares moments où The Mandalorian and Grogu semble vouloir s’aventurer ailleurs que dans la continuité directe de la série. Voir Grogu agir, prendre une place plus active, venir en aide à son père adoptif, donne au récit une dimension plus personnelle. On comprend alors pourquoi son nom figure dans le titre du film, au même niveau que celui du Mandalorien.

Pour autant, cette mise en avant ne s’accompagne pas d’une véritable exploration de ses origines ou de ses pouvoirs. C’est sans doute l’un des grands regrets du film. Le passage au cinéma aurait pu permettre d’approfondir ce personnage fascinant, d’interroger son lien avec la Force ou son avenir dans la galaxie. À la place, le long-métrage préfère rester dans une zone confortable, sans trop lever le voile sur les questions qui entourent encore Grogu.

Un film Star Wars accessible, même sans avoir tout vu sur Disney+

L’un des points intéressants de The Mandalorian and Grogu tient à sa volonté de ne pas se fermer complètement aux non-initiés. Le film part du principe que son duo principal est désormais suffisamment connu pour ne pas nécessiter de longues explications. Il ne cherche pas à résumer artificiellement trois saisons de série, ni à imposer une avalanche de références indispensables à la compréhension de l’intrigue.

C’est un choix plutôt habile. Les spectateurs qui n’ont pas suivi l’intégralité de The Mandalorian, ni la mini-série The Book of Boba Fett, peuvent entrer dans l’aventure sans être constamment perdus. Le récit repose sur une mission claire, un duo identifiable et une menace suffisamment simple à comprendre. Dans une franchise souvent accusée de se replier sur sa propre mythologie, cette accessibilité mérite d’être soulignée.

Bien sûr, les fans reconnaîtront davantage de détails, de clins d’œil et de prolongements. Ils apprécieront certains éléments du bestiaire, des références à des personnages ou à des lieux déjà évoqués, ainsi que l’ambiance très fidèle à la série. Mais le film ne semble pas construit comme un examen de passage réservé aux spécialistes de la chronologie galactique. Il peut se regarder comme une aventure autonome, ce qui n’est pas négligeable.

Cette autonomie a toutefois un prix : le long-métrage évite aussi de prendre de grands risques narratifs. En refusant de trop s’appuyer sur les intrigues passées, il gagne en lisibilité, mais perd en profondeur dramatique. L’équilibre est délicat, et The Mandalorian and Grogu choisit clairement le confort de l’aventure immédiate plutôt que la densité d’un chapitre décisif.

Pourquoi le passage du petit au grand écran laisse une impression mitigée

Le principal problème de The Mandalorian and Grogu tient peut-être à son changement de format. Sur Disney+, la série fonctionnait selon une logique simple et efficace : un épisode, une aventure, un fil rouge progressif. Ce découpage donnait du rythme au récit, permettait des respirations et justifiait des intrigues parfois modestes. Au cinéma, sur une durée d’environ 2h10, les attentes ne sont plus les mêmes.

Un film Star Wars porte avec lui une promesse d’ampleur, de vertige, de moment mémorable. Or, malgré ses qualités, ce long-métrage donne souvent l’impression d’un double ou triple épisode final projeté en salles. Le spectacle est présent, mais il ne dépasse pas suffisamment ce que la série proposait déjà. L’action est propre, les créatures sont réussies, la mise en scène reste fluide, mais l’ensemble manque de cette étincelle qui transforme une aventure sympathique en grand rendez-vous de cinéma.

La comparaison avec la série est inévitable, car le film en reprend tous les codes. Et c’est justement là que se niche le paradoxe : The Mandalorian and Grogu est fidèle à ce que les fans aiment, mais cette fidélité l’empêche aussi de surprendre. Il rassure plus qu’il ne bouscule. Il prolonge plus qu’il ne réinvente. Il accompagne les personnages sans vraiment les faire basculer dans une nouvelle dimension.

Au final, le plaisir existe bel et bien. Retrouver Pedro Pascal, Grogu, les sonorités de Ludwig Göransson et l’univers visuel si particulier de cette branche de Star Wars reste agréable. Mais le film laisse aussi une impression de rendez-vous manqué avec le grand écran. Une aventure plaisante, accessible et attachante, certes, mais pas forcément mémorable. Pour les inconditionnels de The Mandalorian, le voyage vaut le détour. Pour ceux qui espéraient un choc galactique, l’attente risque d’être plus grande que la surprise.