Egypte : Le mystère de la tombe du vizir
Ce soir sur Arte • 20h55 — samedi 13 juin 2026
CULTURE / INFOS
Dans l'immense nécropole de Saqqara, site funéraire emblématique situé aux portes du Caire, le complexe autour de la pyramide de Pépi Ier se distingue par sa grandeur et sa richesse historique. Cette vaste zone archéologique regroupe non seulement la sépulture du souverain, mais également celles de ses épouses et de hauts dignitaires, dont les mastabas, malgré leur état de délabrement, conservent les traces d’une architecture funéraire impressionnante. Ces édifices rectangulaires en calcaire évoquaient autrefois de véritables demeures de pierre, témoignant du statut et de la fonction de leurs occupants.
La mission archéologique franco-suisse de Saqqara, sous la direction de l’égyptologue Philippe Collombert, vient de mettre au jour un élément qui bouleverse quelque peu notre compréhension de la nécropole et de ses habitants. En examinant l’un de ces mastabas, les chercheurs ont découvert des bas-reliefs dont les scènes et inscriptions présentent une similitude frappante avec celles du tombeau d’Ouni, un vizir influent de Pépi Ier, déjà connu grâce à une autre fouille menée à Abydos, à plusieurs centaines de kilomètres de distance.
Cette redondance iconographique pose une interrogation fondamentale sur les pratiques funéraires de l’époque et sur la biographie même du défunt. L’existence possible de deux sépultures pour un même individu, surtout dans un contexte aussi éloigné géographiquement, invite à reconsidérer certaines hypothèses établies concernant le pouvoir, le prestige et la mémoire des élites de l’Ancien Empire. Ce questionnement ouvre ainsi une porte vers une réflexion plus large sur les liens entre lieux de culte, géographie sacrée et représentation post-mortem au sein de la civilisation égyptienne.