The Dead Don't Die
Ce soir sur Paris Première • 23h05 — jeudi 26 fevrier 2026
FILM
L’univers de Centerville, présenté comme une petite ville américaine figée dans une nostalgie presque kitsch, déploie un décor qui mêle calme rural et une routine immuable. Cette atmosphère paisible, empreinte de dialogues anodins à la station-service et d’activités traditionnelles telles que le bowling du samedi soir, sert de toile de fond à une série d’événements déroutants qui viennent progressivement perturber cette apparente stabilité.
Au cœur de cette dynamique, le personnage du shérif Cliff Robertson incarne une figure d’autorité désabusée, dont l’attitude sarcastique et le café constant illustrent un certain détachement face à son environnement. Sa prise de conscience des anomalies – des disparitions animales aux dysfonctionnements technologiques en passant par l’étrange immobilité du cycle solaire – introduit une tension sous-jacente qui se déploie avec subtilité. Son adjoint, plus jeune et manifestement anxieux, apporte une dimension complémentaire à l’enquête, mêlant observation minutieuse et inquiétude palpable.
L’intervention de personnages marginaux comme Bob, ermite à la fois mystérieux et prophétique, ajoute une couche d’étrangeté à la narration. Ses discours énigmatiques, initialement relativisés comme le fruit d’une excentricité, prennent une résonance différente à mesure que des phénomènes similaires émergent dans les environs. Cette mise en place progressive d’une menace diffuse, qui trouve un écho dans les comportements déshumanisés observés à l’échelle régionale, élargit le champ dramatique au-delà des frontières de Centerville.
L’attention portée aux détails macabres, notamment à travers le regard de Mindy Morrison, responsable de la morgue, amplifie la dimension inquiétante de la série. La découverte d’anomalies corporelles et le lent réveil des morts viennent bouleverser les certitudes de la communauté locale. Ce traitement narratif, oscillant entre naturalisme et surréalisme, interroge la fragilité des repères sociaux et temporels, tout en posant les bases d’un récit où l’horreur s’insinue insidieusement dans un décor familier.